Ni Transition sans objet, Ni Boycott improductif. Par Mamadou Djibo, PhD Philosophy

Les lubies politiques sont subito comme l’on entendrait dire à l’Exposition Universelle de Milan où la Cote d’Ivoire a réussi son jour avec la visite du couple présidentiel. Ces lubies sont  captatrices de notre sens critique. Seulement le temps du furtif. Il en est ainsi de ces histoires de transition lancées à la cantonade par Aya Boni Claverie et cie, cette ex amazone de la Télévision ivoirienne précisément, parce que femme, les démocrates velléitaires, se sont mis à rêver qu’elle pouvait porter la nouvelle. Une histoire creuse parce que anachronique en rapport avec la marche normale des institutions de la république, la sécurité des personnes et des biens nettement meilleure que ce désordre sans nom d’avril 2011 tandis que le processus de création de richesses a désormais droit de cité. Cette histoire de transition était véritablement l’irruption d’une incongruité, d’un pathos de politiciens aux abois vendu comme normalité. Ineptie ou contradiction. Si nous sommes charitables, nous conviendrons qu’il s’agissait bien d’une ironie politique comme d’une stratégie de dissimulation d’une vacuité programmatique, d’un positionnement introuvable sur la nouvelle scène politique ivoirienne qui a fait ses adieux à la ténébreuse ivoirité, l’obsession d’une génération. Les frondeurs du FPI et associés se sont gravement trompés en ne constatant pas le tarissement doctrinal de cette conceptualisation. Les nouvelles générations s’occuperont du démantèlement de ses reliques. Ces frondeurs pour le boycott (sont boycottés eux aussi par KKB, Banny et Koulibaly), pensaient-ils, un seul instant, tromper la volonté populaire en jetant donc une rognure comme offre politique indigeste qui serait compensatoire de leur manque de générosité de cœur et de stratégie politique ? Pour ceux qui ont souffert sous leur gouvernance chaotique, ce manque de vision d’avenir est synonyme de dépérissement de leur plateforme, surtout enfermés comme ils sont dans l’enclos ivoiritaire. Une politique odieuse qui a rebroussé chemin, le chemin de la démocratie, de la tolérance, de la fraternité ouverte et de la prise en compte des préoccupations des populations ivoiriennes. 

  1. Appel de Daoukro et la ruine de l’ivoirité compulsive           

L’Appel de Daoukro est d’abord la fin des cycles malheureux induits par la sournoise ivoirité. Cet appel lancé par le bon sens et interpellant le bon sens, a réussi à mettre sur le marché politique ivoirien, le schème de la paix et de la construction de la prospérité dans la fraternité. Il s’ensuit que, désormais, les irrédentismes de tous poils, sont frappés d’irrecevabilité absolue au profit de la programmation du progrès, de la floraison des libertés et de la résilience de la république citoyenne. Enfin, si la vérité allait d’aussi bon et ferme pas,  quelque esprit se voulant critique ne se serait hasardé à postuler le retour du chaos  2010-2011 pour sa propre prospérité. En ceci que ce délire catasthématique viendrait, comme effet de boomerang, l’engloutir lui-même, inéluctablement et primordialement. Les frondeurs du FPI se sont surestimés. Ils veulent la permanence de l’instrumentalisation du droit à la nationalité que tissent les problèmes d’identité, mal posés, mal réglés.  Ce faisant, ils ont pêché par ivoirité centrale et nationalisme nombriliste exactement dans l’histoire universelle comme les bolchéviques nationalistes. La fin de leur régime fut tragique. Ils se sont gravement mépris sur le déclin irrémédiable de ce schème conceptuel. Comme tel, ce concept ne peut plus être opératoire pour les institutions de la république. 

Puisque la même histoire enseigne l’impossibilité radicale de régénérer un schème décadent comme l’est l’odieuse ivoirité assise dans l’identité ivoirienne frelatée et anachronique et au surplus, à l’aube de ce millénaire. 

Le candidat Banny, s’étant prévalu de cette identité ivoiritaire frelatée, est rattrapé par son incohérence politique et son manque inouï d’intuition politique et de vision structurée du monde des lieux houphouëtistes. Une incurie bureaucratique comme ce retour au péché véniel dont s’est éperdument épris, l’ex banquier central.  Comment le Président de la CNC, Monsieur Konan Banny, président de la CDVR dans une vie ante, a-t-il pu se laisser autant instrumentaliser au service de l’entreprise de détestation d’autrui, de ses propres compatriotes par ceux qui, à la suite de Monsieur Sangaré, s’étant emmurés dans le mépris ivoiritaire et le déni de réalité, nommés transition, accusent. Les frondeurs accusent pour refuser de s’excuser ? Puisque la transition rêvée des frondeurs a fait fi de la question du sens politique. Morne, elle devint sans objet. Elle fit alors place à cette autre histoire (opposition par les moyens légaux) détachée totalement de l’avènement de la vérité et du bien citoyen, avènement sculpté au cœur de la légalité républicaine : « on s’opposera par tous les moyens légaux à cette élection ». Sortir d’un processus légal et libre pour espérer l’invalider par un recours légal et libre. Voilà, une oiseuse circularité ! Cette espèce de putschisme à la Burkinabè reste invendu ici, faute de clients, est remplacé par le putschisme légal postulé depuis la semaine passée! Nul n’est dupe. Tout cela est totalement étranger à la légalité républicaine puisque c’est d’elle seule que l’on tire la substance des moyens légaux. Si l’on concède que la légalité républicaine existe et qu’elle incarne l’impersonnelle loi pour être d’une catégorie logique générale applicable, alors l’empêchement légal est pure vacuité lors même que seul le boycott citoyen, sans haine et sans violence est l’unique recours contre un processus apaisé et libre. Une exceptionnelle vacuité légale ne produit pas une extraordinaire puissance légale. D’une impasse politique, l’on construit un pont pour une autre aporie, logique et légale, celle-là.

Ah, si la vérité avait fière allure chez les frondeurs du FPI, ceux-ci comprendraient que l’on entre dans l’histoire politique comme amis  de la république et jamais comme dépositaire des boycotts  actifs, des audiences foraines, du recensement et de la présidentielle. La République est d’abord, Marianne comme les Français l’entrevoient, subversive pour les dogmatismes tels que les irrédentismes, les sectarismes violents et cette orgueilleuse prétention des inégalités au cycle de survie perpétuel. La République se veut, universellement, porteuse et cœur imprenable de la liberté, d’égalité et de justice, parce que précisément, elle est affirmation de la réalité des différences de tous ordres pour être leur transcendance citoyenne comme droits et libertés. La République a fait ses adieux à la violence et à la haine. C’est en raison de ces adieux prononcés, que les citoyens dans la fraternité, récréent pour eux-mêmes et pour les générations futures, le socle du mieux-être de chacun et du vivre ensemble pour tous. La Côte d’Ivoire vient de fêter ses 55 ans de souveraineté politique. Les citoyens ne peuvent oublier que l’hymne national est la destinée de leur pays.

II. Le boycott comme distanciation du devoir républicain du FPI Sangaré

Ni boycott puisque les candidats dépités eux-aussi déposent leur candidature. Les amoureux perpétuels du boycott sont boycottés. Mais ces nouveaux candidats sont sans stratégie, désormais, ayant passé le printemps des préparations politiques à se parer des couleurs Sangaré. Vont-ils s’en donner une, à la va-vite ? Ils pensent administrer la preuve qu’il est possible de se faire élire même à son corps défendant. Belle prouesse, si elle advenait. Dans la mesure même où le nationalisme ivoiritaire est périmé, l’idéologie du développement comme émergence invalide les retraits sectaires. Sans atteinte des droits démocratiques puisque le vote n’est pas obligatoire, la base militante des formations politiques en course suffit. 

Puisque le vote relève de la sagesse du citoyen comme de son devoir. De la sorte, l’idéologie du progrès, réhabilite le pluralisme politique dans tous ses compartiments. Or, le pluralisme démocratique subséquent comme tout autre, inscrit en son cœur probant, la contrainte à la compétition électorale. Se soustraire d’un processus démocratique apaisé et transparent, c’est le faire à ses risques et périls politiques. De toute façon, l’exclusion de Jean-Marie le Pen, fondateur du Front National, vieux de 43 ans par l’exécutif de son parti, montre bien que les formations politiques sont d’abord des associations de droit privé. Et que la ligne politique doit suffisamment être indépendante du père fondateur en raison de l’évolution sociale, politico-thématique et géostratégique globale pour se mettre en position de capter de l’audience pour la conquête et l’exercice du pouvoir d’Etat. Le FPI et alliés n’y échappent pas. Les candidats dépités de la transition rêvée et échouée et les candidats non moins désemparés du boycott affadi, sont de la même école doctrinale. Pour les partisans de cette doctrine, la crédibilité démocratique n’est pas sculptée par les impératifs de transparence, de vote libre et de résultats équitables, mais bien le fait de la chose dite entre eux. Cette chose n’est même pas le consensus. C’est la parole autorisée sortie, certifiée par les membres de l’enclot ivoiritaire CNC en rupture avec la légalité républicaine puisqu’elle conteste sans arguments la représentativité et par ricochet la légitimité des institutions ivoiriennes de la démocratie électorale. Tous ces candidats sont opposés à ceux de la famille RHDP qui estiment que la paix est un sûr indice pour la démocratie, la gouvernance démocratique implique la participation de tous les citoyens au processus et ce dans la liberté et que le devoir de chaque citoyen reste, dans une société de démocratie électorale représentative, d’exercer son droit de vote comme devoir civique. Conformément à cet engagement, les dirigeants du RHDP ne doivent plus laisser prospérer cette impression d’impossibilité de tenir des meetings par l’opposition dans ses fiefs ou réputés tels comme ce le fut dernièrement à Korhogo. Les opposants sont dans leurs droits lorsqu’ils jouent pleinement le jeu démocratique. Il est inutile de se braquer contre leurs droits démocratiques au risque de rendre anxiogène, le scrutin apaisé et transparent attendu pour conforter la réputation républicaine et démocratique du RHDP. Tenir des meetings relève des règles du jeu pour former ses militants, donner des consignes pour être en mesure d’évaluer les bilans des élus de la Nation. Pourquoi ? Parce qu’il est déraisonnable pour la légitimité démocratique de s’abandonner à la sagesse des seuls dirigeants comme Tocqueville nous l’enseigne. Il faut donc : 1. satisfaire au rituel des évaluations de programmes, 2.  revisiter des bilans obtenus pour exercer la critique sans concession comme autocritique de ceux qui ont été oints de notre confiance pour 3. Suprême enjeu politique, réfléchir et programmer, orienter et allouer des ressources judicieusement aux bonnes politiques publiques, une tâche  primordiale et constitutive du bien-être de chacun et de notre volonté commune comme audace d’espérer, d’anticiper et de se projeter comme vision politique ancrée sur les défis du futur à relever en tant que nation apaisée. 

  1. Guillaume Soro Kigbafori pour l’espérance politique

Ce suprême enjeu des chemins d’avenir dans la cohésion politique est sous le leadership visionnaire et courageux du très honorable Guillaume Soro Kigbafori. Des politiques publiques au service de l’émancipation socio-économique du citoyen, de la politique de l’égalité de traitement des citoyens par les représentants de la puissance publique, des lieux de la république à prospecter pour les élever en créance et en crédibilité démocratique, de l’exigence morale et républicaine du bannissement des cancers sociaux que sont la corruption et l’avidité tribalo-régionale, du démantèlement des assujettissements politico-bureaucratiques sclérosants de la créativité et de l’innovation technologique. Pourquoi ? Pour mieux embrayer sur la révolution numérique des jeunes générations, engager la solidarité intergénérationnelle et veiller à la protection de notre environnement et du cadre de vie. Il est réconfortant et prometteur de savoir que cette mission des défis politiques incombe à l’homme de dévouement et de missions qu’est le Très honorable Guillaume Soro Kigbafori. Pétri de talents et d’expériences, cet homme d’engagement est une valeur sûre. Qui mieux que lui, au sein de la génération des défis, sait incarner l’avenir républicain et le devenir rassurant de nos droits constitutionnels, après avoir dégagé les démocrates et les patriotes ivoiriens sincères de la société ivoiritaire fausse ? Le Président Ouattara a vu juste en lui confiant cette emblématique charge ; celle de redynamiser sa base militante pour le second bail dans l’enthousiasme. Je suis optimiste car le leader Soro saura tracer le chemin entre les pôles structurant de la problématique de la patrie, de l’exil, du pardon, de la réconciliation des personnels politiques entre eux d’abord, des droits et libertés des citoyens, de l’émancipation socio-économique de ses concitoyens et de la solidarité envers les plus fragiles de la société.  

Le RHDP est donc bien ancré dans les politiques d’espérance dans son souci de construire la prospérité dans la paix et la stabilité. Ce sont les clefs de nos victoires de demain. Opposés à cet agenda de progrès, il y a les candidats de la CNC avec l’offre d’hier, celle de la détestation d’autrui, d’enfermement dans des impasses oiseuses ou boycottantes qui insultent l’intelligence du citoyen, de polarisation sur les conflictualités se voulant pérennes et ordonnatrices d’originalité millénariste, de rupture de vitalité démocratique et de saccage du cycle houphouëtiste de prospérité pour tous. Une CNC hétéroclite, enfermée dans le passé des discriminations, des haines et violences, des sournoiseries, des fuites en avant permanentes contre le bon sens des peuples. Ils accusent le puits d’être trop profond (d’où cette histoire de transition, boycotts, ordonnent la parlotte avec leur adversaire le Président Ouattara, nient des liens anciens d’amitié). C’est leur corde qui est trop courte, leur intime le dicton indien. Le candidat Banny et sa chose, la CNC n’ont pas d’arguments consistants, pas de programme, pas même un scrutateur identifié pour un unique bureau de vote pour s’autoriser quelque auto-proclamation avec cette ruine du bon ton à l’oeuvre. Cette corde longue, nécessitée pour avoir accès à l’eau du puits est offerte par ces choses citées. 

En conséquence, il leur revient de constater qu’enfermés dans le passé, toute connaissance humaine sera morte dès l’instant où sera fermé l’avenir. Dante nous avait déjà prévenus de l’effet de cette inconséquence. Le candidat Alassane Ouattara, quant à lui, les invite à sortir de leur enclot pour qu’ensemble, dans la compétition loyale, ils offrent des chances de mise en place d’institutions démocratiques sécularisées, dans le pacifisme houphouëtiste, dans le respect des droits humains, dans la souscription à l’émergence d’un Etat décent par des peuples décents comme le philosophe américain John Rawls l’entend, ces peuples tolérants et hospitaliers qui composent la Côte d’Ivoire plurielle. Bref, un appel à convertir la puissance de nuisance inutile -lorsqu’on est républicain- en la pleine restauration de la République par le respect des institutions qui les protègent comme tout autre citoyen dans ses droits et libertés fondamentales. Ni transition sans objet, ni boycott improductif, seulement le vote libre.

Par Mamadou Djibo, PhD Philosophy

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