De la décentralisation des universités pour valoriser les potentialités socio-économiques des régions

Après avoir été longtemps les seules villes abritant des universités publiques, Abidjan et Bouaké sont, depuis 2012, rejointes par Daloa, Korhogo et Man. Initiées dans le cadre de la décentralisation, ces dernières universités permettent de désengorger les universités historiques, tout en favorisant le rapprochement des établissements supérieurs des populations, selon la vision du Président de la République Alassane Ouattara.

L’Université de Man (UMAN) fait sa rentrée solennelle 2017-2018. Elle est la dernière-née des établissements d’enseignement supérieur, construite dans le cadre du Programme de Décentralisation des Universités (PDU). C’est ce même jour que l’administration de cette université, qui fait de l’excellence son leitmotiv, a choisi pour célébrer ses meilleurs étudiants.

L’université de Man

Awa Chérif, 20 ans, en fait partie. Cette jeune fille a remporté le Prix Ramata Ly-Bakayoko de la Meilleure Etudiante en Sciences. Elle est encore toute émue, lorsque nous la rencontrons après la cérémonie pour nous parler de son expérience à l’UMAN. « Ce prix consacre mon coup d’audace personnelle » dit-elle d’emblée. Orientée après son Baccalauréat à l’Université Nangui Abrogoua à Abidjan, elle a dû recourir à un transfert de dernière minute pour se retrouver à l’UMAN, dans la ville où elle a fait tout son cursus scolaire. « Je tenais à être près de ma famille. Je voulais aussi éviter les problèmes de tuteur à Abidjan. A Man, je profite d’un meilleur environnement pour étudier ». Awa est fière d’être à l’UMAN et de compter parmi les meilleurs étudiants de cette université spécialisée en Mines et Energies.

Korhogo. Autre ville, autre Université. Vanessa Yao est titulaire d’une Licence en Biologie obtenue à l’Université Péléforo Gon Coulibaly de Korhogo.

Université Peleforo Gon Coulibaly de Korhogo

Elle envisage de poursuivre ses études sur place jusqu’au Doctorat. C’est désormais possible avec la transformation en 2012 de cette ancienne Unité Régionale de l’Enseignement Supérieur (URES) en université autonome. Naguère, elle se limitait à la Licence. « Je suis heureuse de l’aboutissement de ce premier cycle. Je vais poursuivre mes études jusqu’au Doctorat pour devenir enseignant-chercheur. Cela est possible maintenant, car notre Université est devenue pleinement autonome », se réjouit-elle. Cette université est spécialisée en Gestion Agropastorale et en Sciences Biologiques.

L’Université Jean Lorougnon Guédé de Daloa

Comme elle, l’Université Jean Lorougnon Guédé de Daloa, à l’origine Unité Régionale, fait partie des nouveaux établissements d’enseignement supérieur, avec pour mission principale, la formation de spécialistes en Développement Local, Rural et Communautaire.

Signe de leur appropriation par les populations locales, les nouvelles universités sont portées à bout de bras par les communautés locales. A Man, Daloa ou Korhogo, les cadres et leaders communautaires s’impliquent dans la vie desdites institutions, par la mise à disposition de biens et services, en vue de faciliter leur fonctionnement, en attendant l’achèvement des infrastructures dédiées.

La décentralisation des universités publiques est motivée par la volonté du gouvernement de désengorger les universités d’Abidjan et de Bouaké. L’objectif est de rapprocher l’enseignement supérieur des populations et d’offrir de meilleures conditions de vie et d’études aux étudiants. Grâce aux investissements considérables, ces universités offrent de nouvelles capacités d’accueil dans le supérieur, tout en respectant les exigences des spécialisations et de proximité. Ce programme a permis un rééquilibrage dans la répartition géographique des centres du savoir. Et ce, conformément à la vision du Président Alassane Ouattara de doter chaque District d’une université publique. A l’horizon 2025, la Côte d’Ivoire devrait compter 14 universités publiques dont trois à Abidjan et une dans les grands pôles régionaux suivants : Bouaké, Korhogo, Daloa, Man, San Pedro, Bondoukou, Abengourou, Adiaké, Daoukro, Dabou et Odienné.

DEFIS : Améliorer les conditions de vie et d’apprentissage des étudiants

Au nombre des défis, il y a la construction de logements pour étudiants et enseignants et l’offre de services de restauration, de transport et de services sanitaires convenables. En outre, il faudra trouver une solution à la question de la disponibilité des enseignants, car la majorité d’entre eux sont sollicités par plusieurs universités à la fois. Chose qui pourrait avoir un impact négatif sur les calendriers académiques, tout comme sur la qualité de l’enseignement.

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